poniedzia³ek, 01 stycznia 2007
Pustki- Interview...

PUSTKI: L’attraction des « vides » par Ben Cope et DS. ( Photos: http://www.ultramaryna.pl/tekst.php3?id=325) 

Pustki, jeune groupe prolifique de la banlieue de Varsovie a connu une année 2006 marquante. Le groupe peut se vanter d’un troisième album DO MI NO, de la musique du spectacle « Deux pauvres Roumains parlant polonais » écrit par le phénomène littéraire du moment Dorota Mas³owska ou encore de sa participation au grand plus grand festival rock de Pologne à Gdynia. Pustki lutte contre le vide, rencontre avec Radek £ukasiewicz pour des explications en français.

 Vous venez de sortir un disque 4 titres “nic do powiedzienia » qui fait suite à la sortie de votre troisième album, DO MI NO. On peut vous voir partout dans la presse en ce moment, tout va bien pour vous ? 

Radek £ukasiewicz : Ca va très bien, de mieux en mieux. Le troisième album a eu de très bonnes critiques. Tous les journalistes de ce genre de musique semblent intéressés. Pour faire la promotion du disque, nous avons joué beaucoup de concerts, en Pologne et aussi en Allemagne. Nous sommes très satisfaits. 

La radio publique Trójka passe en boucle votre chanson « Tchu mi brak » , c’est un moment de reconnaissance nationale, est-ce seulement avec cet album que vous avez atteint cette notoriété ? 

Radek £ukasiewicz : Nous étions auparavant reconnu comme un groupe plus difficile, qui mélangeait des chansons, du jazz, du rock et improvisait sur scène. Nous sommes toujours perçus comme un groupe indépendant. Durant cette année, nous avons eu beaucoup d’occasions de jouer de la musique instrumentale. Nous avons créé la bande originale de trois films et une pièce de théâtre. Nous avons décidé d’enregistrer un album strict, avec de vraies chansons. Pour nous il n’y a pas de différence, entre ces deux types de création, l’un et l’autre sont aussi difficiles. 

Y a-t-il eu une decision de troisieme album, avec pour idée que ce soit le moment du succès ?

  Radek £ukasiewicz : On ne peut pas régler cela, le succès. Il y a des groupes qui connaissent leur « grand moment » avec des albums instrumentaux. En Pologne aujourd’hui, c’est l’exemple de Leszek Mo¿d¿er, le pianiste. A l’époque, il jouait dans des groupes très connus, mais il connait son plus grand succès actuellement avec une carrière solo. Sa musique est plus difficile d’accès à présent je pense. C’est plutôt pour des connaisseurs mais il vend beaucoup plus d’albums qu’auparavant. On ne peut jamais prévoir le succès. Notre but est de jouer, d’être satisfait avec cela. Je ne dis pas que nous avons enregistré un tel disque par hasard. Nous aimons ce disque, nous aimons les chansons. C’est seulement très difficile d’écrire de bonnes chansons. D’ailleurs c’est ce qu’il manque sur la scène polonaise, de bonnes chansons, qui soient sincères et pas stupides. Nous essayons de casser ces clichés. 

Vous chantez en polonais mais aussi parfois en anglais, comment se fait le choix ? 

Radek £ukasiewicz : C’est un avantage de chanter en polonais surtout en Pologne... Pour nous c’est naturel car le polonais est notre langue natale. Chanter des chansons en anglais en Pologne, ça complique vraiment les choses, la communication avec les gens. On joue majoritairement en Pologne pour des Polonais. Pour l’instant nous n’avons pas sorti de disques à l’étranger mais pour moi ce n’est pas une mauvaise idée de sortie des disques en Allemagne ou ailleurs en chantant en anglais. Si tu es Polonais ou Français et que tu chantes en anglais parce que tout le monde parle et comprend cette langue, tu seras tout de même toujours considéré comme un étranger. Pour moi ce serait difficile et pas sincère de faire de cette manière dans mon propre pays. 

Vous avez jouez en France plusieurs dates, comment cela s’est déroulé?

  Radek £ukasiewicz : Nous avons joué trois ou quatre concerts à Lille, à Dunkerque et à Bourg en Bresse. Cela c’est tres bien déroulé. Notre avantage, c’est que l’on parle français. Nos chansons sont en polonais mais quand tu peux présenter les morceaux et le groupe, le contact est beaucoup plus chaleureux. Les gens comprennent et ils viennent demander des informations sur le groupe. Ce qui me plait dans la musique, c’est que le language est international, tout le monde peut comprendre l’énergie.  De plus, si le public s’interroge sur la signification de nos chansons, je suis satisfait, le but a été atteint. Je suis conscient que chanter en polonais à l’etranger, cela nous limite à un cercle de gens qui vraiment ont envie de franchir cette barrière. De toute manière, nous ne jouons pas pour des masses, même en Pologne donc... le problème n’est pas si grand. 

Je me souviens d’un concert de Pustki dans la galerie Raster. Cette galerie se trouve dans un appartement et la police avait arrété le concert à cause du bruit. 

Radek £ukasiewicz : C’est normal pour des concerts à Raster, tu joues là-bas pour dire qu’un de tes concerts a été arrêté par la police. Tout le monde est preparé et conscient qu’après trois ou quatre morceaux la police municipale va arriver et dire : « Stop !». Ce qui est encore plus ridicule, c’est que la série de concerts organisée dans ce lieu inhabituel était sponsorisée par la municipalité pour la promotion des jeunes artistes varsoviens. Raster, ce sont nos amis et c’est bien de jouer là-bas. 

Qu’est ce que ça veut dire « Pustki », les vides ? 

Radek £ukasiewicz : C’est un jeu de mot en polonais, car c’est un mot qui semble avoir beaucoup de sens, ca veut dire exactement « Vide » au pluriel, les vides en quelque sorte. Ce qui ne semble pas très grammaticalement correct. Ce n’est pas si philosophique que ça. C’est le nom en fait de notre salle de répétitions. 

Sur votre site Internet qui est en français d’ailleurs, vous écrivez que vous jouez de la musique actuelle d’Europe Centrale, de la musique à la polonaise. Vous developpez votre propre style ? 

Radek £ukasiewicz : Ce qui nous intéresse c’est d’essayer de créer un genre de musique qui soit propre à la Pologne. Un style qui ne soit pas une réplique d’un mouvement venu d’Angleterre ou des USA. Une scène musicale reconnaissable et liée à une aire géographique. Je ne parle pas ici de patriotisme, ou de nationalisme, ça n’a rien à voir. Une musique qui aurait un caractère propre, son climat, différents de ceux de l’Angleterre ou de la France. En France justement, « sa » musique est protègée. Ce n’est pas la musique nationale mais tout le monde peut reconnaitre le style qui s’appelle « chanson française ». Il y a eu beaucoup d’artistes connus, puis les stations de radio jouent de la musique française en majorité. C’est bien de protéger sa culture. En Pologne, nous avons pas cela et j’aimerais encourager les musiciens et le public à suivre cette voie, non pas en faisant de la musique de Pologne mais de la musique d’ici. 

Quels groupes définirais-tu comme faisant partie de cette scène polonaise ? 

Radek £ukasiewicz : Il n’y en pas beaucoup encore mais Voo Voo, qui n’est pas un jeune groupe et qui joue un style de musique assez specifique, c’est de la musique qui vient d’ici. Dans les années 80, il y avait un groupe de jazz à la polonaise qui s’appellait Mi³o¶æ. Il jouait leur style propre, appelé Yass. Un jazz de cette partie de l’Europe caractéristique et reconnaissable. J’aimerais que Pustki trouve sa voie dans cette direction si ce n’est pas trop monumental. Nous avons beaucoup d’influences d’autres styles, mais nous essayons de ne pas oublier que l’on est d’ici. 

J’imagine que la vie doit être très dure pour de jeunes artistes en Pologne, il faut trouver des concerts, comment le public réagit à votre style inhabituel ?

  Radek £ukasiewicz : C’est de plus en plus facile maintenant par ce que nous vendons de plus en plus d’albums, surtout après le troisième. Nous avons reçu un certain nombre d’invitations pour jouer des concerts maintenant mais en 2001 quand nous avons sorti notre premier album, c’etait comment dire en français, « partizanka » la guerre partisane, musicale et culturelle. Nous faisions face à l’indifférence des directeurs de salle de concerts. Ca a été assez dur. Nous étions motivés et nous avons surmonté ces difficultés. En général en Pologne la situation est plus difficile qu’en France, il n’y a pas le statut d’intermittent du spectacle et lorsque tu ne joues pas ici, tu ne touches pas le chômage, tu ne touches rien.
pi±tek, 24 listopada 2006
Interview UZ JSME DOMA (CZ)

Interview de M.Wanek realise a Varsovie en Juin 2006- cf egalement Abus dangereux 99. Realise par Ds.


Uz Jsme Doma

Une Heure avant leur concert surprise, j’apprends que Uz Jsme Doma, le très célèbre groupe Tchèque au nom imprononçable va jouer, a Jad³odajnia filozoficzna, café au nom presque tout aussi imprononçable de Warszawa, en fin Varsovie quoi... Rencontre.

- Vous jouez depuis 20 ans, cette année est d’ailleurs l’année de votre anniversaire, vous avez fait un concert spécial avec l’enregistrement d’un album et d’un DVD.

- Nous avons fait un concert en octobre dernier avec une immense chorale, il y avait aussi les 26 personnes qui ont composé le groupe à un moment ou à un autre durant ces deux décennies. On a fait un show avec quasiment toutes les chansons, le tout devrait sortir en double DVD en septembre 2006. Nous espérons reproduire ce spectacle à peu près à la même période à Prague, pour clôturer cette anniversaire.

- Vous aimez jouer en Pologne ?

- Oui, bien sûr, c’est supposé être la nation la plus proche de nous (Tchèques) concernant la culture, la langue et de tous les contacts au cours de l’Histoire, je me souviens de la Pologne d’avant la révolution, je suis venu ici en 1980 quand « solidarno¶æ » était en pleine action, je me souviens avoir eu de grande sympathie pour ce mouvement.
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- Avez-vous vu des changements durant toutes ces années ?[/i]

- Oui, je pense qu’il y a eu les mêmes changements que dans notre pays, je les sens comme vraiment très positifs, je peux venir ici de façon très facile, en 1980, je suis venu en Pologne de façon secrète et illégale, c’est une grande différence bien que ce soit un simple détail, il y a beaucoup de problèmes plus profonds, ici ou ailleurs bien sûr, mais les gens peuvent faire à peu près ce qu’il veulent s’ils ont assez d’argent.

- Il y a très peu de groupes Tchèques en Pologne, comment expliquer cela ?
- C’est vrai et c’est dommage, mais la réciproque est aussi vérifiée, avec les groupes polonais en République Tchèque, nous essayons de changer ça, c’est étrange. Pour nous, les polonais sont comme des frères et je ne dis pas ça comme un slogan, je le pense vraiment. Je ne sais pas pourquoi, certainement après la révolution, les gens ont commencé à explorer l’Ouest en oubliant leurs voisins, mais cela change petit à petit.

-Vous avez également joué avec le groupe francais de légende, Magma...
-Oh Magma, oui... ils étaient mes héros aussi depuis très longtemps, nous avons joué en Caroline du Sud aux USA, il y a plusieurs années, là-bas nous avons rencontré un ami de Magma qui a essayé d’organiser quelque chose, il y a eu quelques tentatives qui n’ont pas abouti. L’année dernière il y a eu Alternativa Festival à Prague et Magma jouait là-bas, ils nous ont invités et c’est comme ça que le concert Uz Jsme Doma et Magma a vu le jour, il y avait aussi une immense chorale, ce fut pour l’audience, je crois, un spectacle special. Nous avons également pu les rencontrer en tant que personnes et créer des liens d’amitiés.

- Vous prevoyez des concerts en France ?

- Je l’espère, c’est très dommage mais il y a quelques temps nous jouions très souvent en France, 10 concerts par an, nous avons perdu nos contacts en France et nous essayons de les retrouver maintenant, et de revenir, on devrait avoir quelques dates en Mars 2007, mais rien de précis encore. Il faut toujours avoir une personne qui va tout arranger, une personne locale ou qui parle la langue, nous avons ce genre de contact en Pologne, mais pas en France.

- Et quels sont vos plans après les festivals de l’été ?

- En septembre ou octobre nous sommes invités au Japon pour quelques dates et ensuite une trentaine de concerts aux USA, en décembre on doit promouvoir le DVD anniversaire et jouer pas mal en Tchèquie.